Anciens programmes de conservation soutenus par la Réserve Africaine de Sigean

Europe – France
Goupil Connexion : création d’une placette d’équarrissage pédagogique sur les contreforts héraultais des Causses du Larzac.

GOUPIL Connexion est une association qui a pour mission :

  • La sensibilisation et l’éducation à la nature, l’engagement des citoyens envers sa protection,
  • Le soin à la faune sauvage locale en détresse et aux territoires dans lesquels elle vit,
  • Le soutien et le renforcement des actions en faveur des populations animales en difficulté,
  • L’action agro-environnementale en collaboration étroite avec les cultivateurs et les éleveurs

Au-delà de son travail de centre de soins à la faune sauvage, Goupil Connexion a l’ambitieux projet de réhabiliter un domaine de 77ha qui sera dédié à la conservation de la biodiversité locale et à l’éducation environnementale. Un des axes développés sera la conservation des rapaces nécrophages. Les vautours ont en effet fait leur grand retour dans les Cévennes dans les années 80 et les Grands Causses sont l’un des rares endroits en Europe où la guilde complète de nos quatre espèces de vautours peut désormais être observée. Aujourd’hui ces oiseaux emblématiques ont retrouvé leur rôle d’équarrisseur naturel et sont redevenus d’indispensables alliés du pastoralisme.

Les placettes d’équarrissage sont des espaces clos, éloignés des zones urbanisées, dont l’aménagement est soumis à autorisation préfectorale et où les éleveurs locaux de petits ruminants peuvent déposer leurs animaux morts. Ce fonctionnement permet aux éleveurs de trouver une solution immédiate pour l’évacuation de leurs ovins ou caprins morts, sans devoir compter sur le ramassage organisé par l’équarrissage industriel dont la fréquence de passage ne permet pas toujours l’évacuation rapide des cadavres. A l’échelle du territoire, le réseau des placettes d’équarrissage permet également aux vautours de trouver une ressource alimentaire régulière indispensable à la bonne santé de leurs populations. Cette organisation est donc bénéfique à la fois pour l’homme et pour la nature.

L’originalité de la « placette pédagogique » de Goupil Connexion réside en la présence d’un observatoire muni de vitres sans tain qui permettra, sans perturber les repas des vautours, d’assister aux curées, d’accueillir des scolaires et de les sensibiliser au rôle des rapaces nécrophages.

Curée de Vautours fauves © Bruno Berthémy

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Association de sauvetage du littoral des Orpellières : Sauvegarde de la biodiversité du littoral Biterrois (2022)

Née en 2017, l’Association de Sauvegarde du Littoral des Orpellières a pour ambition de faire connaître à toutes formes de publics (politique, scolaire, touristique) la haute valeur patrimoniale et fonctionnelle des sites naturels du littoral biterrois. Ces milieux sont principalement constitués de zones humides et abritent aujourd’hui près de 85 % de la biodiversité de l’Hérault.

Ils méritent à ce titre une grande vigilance et une réelle implication des acteurs de l’environnement. Pour ce faire, l’association a choisi de mettre en valeur la biodiversité de ces sites à travers des actions de sensibilisation (communication, animations, éco-patrouilles) mais également de suivi d’espèces (comptages, suivi d’espèces à fort enjeu).

Pour l’instant, ces actions sont concentrées principalement sur les communes de Sérignan et Sérignan-plage, Portiragne et Portiragne-plage ainsi que Valras-plage.

Deux espèces d’oiseaux en particulier sont emblématiques car elles illustrent bien les menaces que le tourisme littoral de masse peut faire peser sur notre biodiversité : la Sterne naine et le Gravelot à collier interrompu. Ces oiseaux se reproduisent sur nos plages et sont classés tous les deux EN DANGER par l’UICN dans les départements du Languedoc-Roussillon.

Par leur petite taille et leur discrétion ils passent facilement inaperçus. Au printemps lors de la saison de reproduction, ils affectionnent les zones de plage parsemées de graviers, de débris de coquillage ou de végétation rase. Au sein de ces habitats, ils forment des colonies plus ou moins importantes qui nichent à même le sol, souvent sur les hauts de plage, les exposant d’autant plus aux dérangements potentiels voire à destruction involontaire des œufs.

Le nid est en effet une simple dépression où les œufs sont déposés et couvés pendant environ 3 semaines, entre mai et juillet.

L’association « Les Orpellières » s’engage donc à agir sur les plages du biterrois entre avril et septembre 2022 : localisation et suivi des colonies de sternes et de gravelots, protection des nichées par la mise en place d’un balisage temporaire et sensibilisation des usagers du littoral (maraudage d’écopatrouilles, animations, panneaux, expositions et conférences).

Gravelot à collier interrompu – © Aurélien Audevard

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ADN Nature & CESTMed : sensibilisation à la protection de la faune pélagique de Méditerranée et prospections conservatoires des nids de Tortue caouanne sur le littoral des Pyrénées Orientales.

ADN Nature est une association qui a pour mission de créer des évènements ayant pour but de promouvoir, communiquer, sensibiliser, éduquer, produire des outils pédagogiques. L’association a pour objet de développer toute action visant à associer arts, culture et sciences pour faire connaître et protéger la biodiversité, inscrire la notion de biodiversité dans les domaines économiques et sociaux et plus largement, faire reconnaître la nature comme un bien universel.

Le CESTMed (Centre d’Étude et de Sauvegarde des Tortues de Méditerranée) est officiellement reconnu depuis 2007 comme centre de soins français des tortues marines de Méditerranée, devenant le seul établissement de ce type dans cette région.

Dans le cadre des 50 ans de la Réserve Marine de Cerbère-Banyuls et de son projet d’extension, l’association ADN Nature et le CESTMed s’associent et proposent l’organisation d’une journée de sensibilisation consacrée aux animaux du grand large, dont une tortue marine rescapée sera l’ambassadrice. Cet événement aura lieu le 7 juin 2024, veille de la Journée Mondiale des océans.

Suite aux découvertes de pontes de Tortues caouannes sur les plages du littoral méditerranéen ces dernières années, le CESTMed a lancé un programme de prospection dont le but est la recherche des traces de nidification des tortues marines sur les plages du littoral méditerranéen. Depuis 2016 en effet, plusieurs nids ont été recensés sur le littoral méditerranéen français, avec un record de 11 pontes découvertes en France en 2023. Le réchauffement climatique explique en partie cet afflux sans précédent, les côtes françaises répondant dorénavant mieux aux exigences climatiques de la Tortue caouanne.  

Ces évènements de ponte de plus en plus fréquents laissent à penser que d’autres pontes de tortues marines pourraient avoir lieu sur nos côtes. Ainsi, la mise en place d’un programme de surveillance élargi et efficace est nécessaire et urgente. Il permettra de protéger cette espèce en :

  • Lançant des campagnes de sensibilisation auprès du grand public et des scolaires.
  • Adoptant des protocoles scientifiques standardisés (suivi de la température, analyses génétiques, écotoxicologies, etc.).
  • Formant des acteurs professionnels locaux à la prospection des plages et la surveillance des nids.
  • Impliquant des acteurs bénévoles dans la surveillance des nids avant l’émergence des nouveaux nés
  • Organisant des sorties en mer pour prospecter des plages difficiles d’accès par la terre.
  • Éduquant des chiens renifleurs à la détection des nids.
  • Maximisant le développement et la survie des nouveaux nés (protection des nids envers les usagers des plages et les prédateurs, contrôle de la pollution lumineuse sur les plages pour éviter que les nouveaux nés ne soient désorientés, prise en charge les nouveaux nés affaiblis, etc.).

Par son soutien, la Réserve Africaine de Sigean aide à la mise en place d’un programme de conservation de la Tortue caouanne par le CESTMed sur la zone côtière d’Argelès sur Mer dans les Pyrénées Orientales.

Tortue caouanne en Méditerranée © Frédéric Larrey & Thomas Roger

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COHAB : Développement d’un nichoir bioclimatique adapté aux épisodes caniculaires

COHAB est une association de préfiguration qui a pour mission de développer des solutions permettant d’améliorer la cohabitation Homme/Faune sauvage à travers 3 domaines d’activités :

  • La conception de passages pour la petite faune terrestre et arboricole dans le cadre des Trames Vertes et Bleues
  • Le développement d’habitats artificiels (nichoirs) pour les espèces cavicoles inféodées au bâti
  • La sensibilisation, la formation et la médiation, permettant de garantir une cohabitation réussie

L’augmentation de l’artificialisation des milieux diminue fortement le nombre de cavités naturelles (vieux arbres) et artificielles (dans le bâti) disponibles pour les espèces cavicoles. Cette perte d’habitat impacte notamment de nombreuses espèces d’oiseaux et de chauves-souris. Parallèlement, la faune sauvage doit faire face à une augmentation des températures moyennes ainsi qu’à une augmentation de la fréquence, de la durée et de l’intensité des événements extrêmes tels que les vagues de chaleur. Pour pallier au manque d’habitat et assurer la survie de ces espèces, des nichoirs sont couramment utilisés et installés, en ville, à la campagne et dans les milieux naturels. Cependant, des études révèlent l’impact négatif de certains nichoirs inappropriés notamment face aux épisodes de canicule, apparaissant de plus en plus tôt dans la saison de nidification des oiseaux.

L’objectif de ce projet est de concevoir un nichoir adapté aux besoins physiologiques des oiseaux et de permettre la survie de l’avifaune cavicole face au réchauffement climatique. En partenariat avec l’Université de Varsovie et le CNRS-CEFE de Montpellier, l’association COHAB développe des solutions permettant d’intégrer la biodiversité en ville, notamment au moyen de nichoirs bioclimatiques.

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Association Paysans de nature : Émergence d’un groupe « Paysans de nature » dans les Hautes Corbières (2023)

L’association Paysans de nature a pour objet de favoriser la défense et la production de biodiversité sauvage en mettant les espaces et espèces sauvages au cœur des préoccupations des paysannes, paysans et des autres habitantes et habitants des territoires.

L’association participe à la diffusion et à la mise en place de systèmes agricoles pour lesquels la défense de la biodiversité sauvage est une activité centrale. La création, la mise en gestion d’espaces naturels agricoles ou leur protection contractuelle ou réglementaire avec les paysannes et paysans est son objectif principal.

Concrètement, les paysannes et paysans du réseau s’engagent à améliorer la biodiversité dans leur ferme (laisser une place à la vie sauvage sous toutes ses formes), et à participer aux dynamiques d’installation dans leur territoire.

Ceci passe par un partenariat avec une organisation environnementale locale (association, gestionnaire d’espace naturel) au travers d’une charte d’engagements.

Dans les hautes Corbières, des paysans engagés ont pu prouver qu’une ferme peut à la fois avoir des effets très positifs sur la biodiversité sauvage, produire une alimentation de qualité et assurer un revenu. L’association Paysans de nature cherche à multiplier ces expériences positives et à regagner des terres aujourd’hui détériorées par le modèle agro-industriel qui a provoqué le déclin de la biodiversité.

Paysans de nature se situe à la croisée des préoccupations des organisations environnementales et des organisations agricoles. C’est sa spécificité et l’une de ses originalités.

C’est avec un projet de développement de son réseau audois qu’en janvier 2023, Paysans de nature est l’une des 3 associations lauréates de l’appel à candidatures lancé par la Réserve Africaine de Sigean en faveur des programmes de conservation menés localement (départements 11/34/66). Elle reçoit 15 000 € pour ce projet.

Plus d’infos sur : https://www.paysansdenature.fr/

Ferme Paysans de nature “La Rove de Fa” dans les Hautes Corbières © LM Préau

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Association de sauvetage du littoral des Orpellières : Sauvegarde de la biodiversité du littoral Biterrois (2022)

Née en 2017, l’Association de Sauvegarde du Littoral des Orpellières a pour ambition de faire connaître à toutes formes de publics (politique, scolaire, touristique) la haute valeur patrimoniale et fonctionnelle des sites naturels du littoral biterrois. Ces milieux sont principalement constitués de zones humides et abritent aujourd’hui près de 85 % de la biodiversité de l’Hérault.

Ils méritent à ce titre une grande vigilance et une réelle implication des acteurs de l’environnement. Pour ce faire, l’association a choisi de mettre en valeur la biodiversité de ces sites à travers des actions de sensibilisation (communication, animations, éco-patrouilles) mais également de suivi d’espèces (comptages, suivi d’espèces à fort enjeu).

Pour l’instant, ces actions sont concentrées principalement sur les communes de Sérignan et Sérignan-plage, Portiragne et Portiragne-plage ainsi que Valras-plage.

Deux espèces d’oiseaux en particulier sont emblématiques car elles illustrent bien les menaces que le tourisme littoral de masse peut faire peser sur notre biodiversité : la Sterne naine et le Gravelot à collier interrompu. Ces oiseaux se reproduisent sur nos plages et sont classés tous les deux EN DANGER par l’UICN dans les départements du Languedoc-Roussillon.

Par leur petite taille et leur discrétion ils passent facilement inaperçus. Au printemps lors de la saison de reproduction, ils affectionnent les zones de plage parsemées de graviers, de débris de coquillage ou de végétation rase. Au sein de ces habitats, ils forment des colonies plus ou moins importantes qui nichent à même le sol, souvent sur les hauts de plage, les exposant d’autant plus aux dérangements potentiels voire à destruction involontaire des œufs.

Le nid est en effet une simple dépression où les œufs sont déposés et couvés pendant environ 3 semaines, entre mai et juillet.

L’association « Les Orpellières » s’engage donc à agir sur les plages du biterrois entre avril et septembre 2022 : localisation et suivi des colonies de sternes et de gravelots, protection des nichées par la mise en place d’un balisage temporaire et sensibilisation des usagers du littoral (maraudage d’écopatrouilles, animations, panneaux, expositions et conférences).

Gravelot à collier interrompu – © Aurélien Audevard

Europe – France
Aude Nature : Action de protection des populations d’hirondelles des villes et villages du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée (2022)

Aude Nature est une association fondée en 2006 et basée à Narbonne qui a pour buts la connaissance, la protection, la conservation, la mise en valeur du patrimoine naturel, culturel du département de l’Aude et des départements limitrophes.

Pour cela elle travaille à :

  • Développer des recherches et des études scientifiques (ornithologiques, botaniques) sur l’état des lieux d’habitats et d’espèces et le cas échéant formuler des préconisations de protection et de gestion.
  • Contribuer à la préservation de la flore et de la faune par la protection des habitats, leur entretien et/ou leur remise en état.
  • Mener des actions d’éducation à l’environnement et au développement durable pour différents publics, du grand public aux scolaires en passant par les services techniques chargés de l’aménagement d’espaces verts et de leur entretien.
  • Obtenir une stricte application des lois et règlements qui protègent les sites naturels, les habitats, la faune et la flore.

Ces 30 dernières années les populations françaises d’Hirondelles de fenêtre et d’Hirondelles rustiques ont diminué de près de 40%, principalement à cause de l’usage immodéré de pesticides dans l’agriculture et de la rénovation du bâti ancien. Il est impératif et urgent de faire un état des lieux pour pouvoir mettre en place des actions de conservation adaptées aux menaces locales.

L’implication des principaux acteurs du territoire (citoyens, élus, techniciens municipaux …) dans la mise en place de ces actions est indispensable et passe par un travail sans cesse renouvelé d’information, de pédagogie et de sensibilisation.

Sur les 20 communes du territoire du PNR de la Narbonnaise en Méditerranée, Aude Nature s’engage donc à faire un état des lieux de la situation de nos 2 espèces hirondelles, créer un réseau de sentinelles, sensibiliser les acteurs clé du territoire et mettre en place les premières actions de conservation en faveur des hirondelles.

Hirondelles de fenêtre © Eric Czyz

Europe – France
ADENA : Mobilisation autour des espèces végétales exotiques envahissantes (2021)

L’ADENA est une association de préservation et de sensibilisation à la nature, experte en zones humides littorales méditerranéennes. A la croisée du Bassin de Thau et de la Vallée de l’Hérault, elle est située sur la commune d’Agde, en Région Occitanie. L’ADENA a ancré son action locale autour de la Réserve naturelle nationale du Bagnas (Hérault) dont elle est gestionnaire depuis sa création en 1983.

La réserve est née d’une mobilisation citoyenne souhaitant préserver cette zone humide remarquable de l’urbanisation. Ainsi, depuis près de 40 ans, l’ADENA protège, anime et gère la réserve, en concertation avec les acteurs locaux.

Aujourd’hui, l’expertise scientifique et pédagogique de l’ADENA s’étend sur un territoire élargi aux espaces connectés du Bagnas. Elle œuvre activement dans les projets liés à la préservation des zones humides et travaille en partenariat avec les réseaux scientifiques, naturalistes et d’Éducation à l’environnement (EEDD) locaux et nationaux.

Une espèce exotique envahissante (EEE) est une espèce introduite par l’homme en dehors de son aire de répartition naturelle (volontairement ou fortuitement) et dont l’implantation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques et/ou économiques et/ou sanitaires négatives.

Après la destruction des habitats et la surexploitation (chasse, pêche, braconnage), il s’agit de la 3ème grande cause mondiale de disparition des espèces menacées. Sur certains territoires insulaires il s’agit même de la 1ère cause. Les zones humides sont particulièrement vulnérables face aux EEE car il s’agit de corridors biologiques présentant une large gamme d’habitats différents soumis à des perturbations naturelles fréquentes favorables à l’installation et à l’expansion des espèces envahissantes.

Le littoral méditerranéen ne fait pas exception et de nombreuses espèces végétales exotiques envahissantes (EVEE) y sont installées. L’ADENA et différents acteurs institutionnels ont mis en place une réflexion globale sur la gestion de ces EVEE à l’échelle du bassin versant de l’étang de Thau. La Réserve Africaine de Sigean apporte son soutien dans le financement de cette action en 2021 et espère pouvoir s’en inspirer dans le cadre de la gestion responsable des terrains dont elle est propriétaire.

Plus d’infos sur : https://www.adena-bagnas.fr/.

Cours d’eau envahi de jussie

Europe – France
Fédération Aude Claire : Sensibilisation et inventaire des hétérocères de l’Aude (2021)

La Réserve Africaine de Sigean souhaite encourager Aude Claire dans sa démarche et finance la mise en place d’actions d’inventaires et d’animations nocturnes sous forme d’inventaires participatifs permettant à la fois de mener des études naturalistes avec des spécialistes et de sensibiliser les populations. Ces actions auront lieu en 2021 dans 8 communes du département de l’Aude.

Plus d’informations sur https://www.audeclaire.org/

La Fédération Aude Claire est une association loi 1901, née en 1993 de la volonté d’associations souhaitant unir leurs compétences pour une meilleure gestion et une mise en valeur des milieux aquatiques. Elle œuvre pour la protection et la gestion des milieux naturels en général, ainsi que des espèces biologiques qui leur sont associées. Les principaux objectifs d’Aude Claire sont de contribuer à la connaissance des espaces naturels et des espèces biologiques présents sur son territoire d’action.

Elle met en œuvre une politique de protection des espaces naturels remarquables. La Fédération contribue à la gestion de sites mais aussi informe et sensibilise le public. Son territoire d’actions est constitué par les départements du bassin versant du fleuve Aude soit l’Ariège, l’Aude, la Haute-Garonne, l’Hérault, les Pyrénées-Orientales et le Tarn.

Parce qu’il serait incohérent de ne s’intéresser qu’aux groupes faunistiques et floristiques qui tiennent le devant de la scène médiatique (oiseaux, grands mammifères, orchidées …), Aude Claire propose de mettre en lumière un groupe plus discret mais qui joue plusieurs rôles importants dans les écosystèmes : les papillons de nuits (« hétérocères »).

A l’état de chenille, comme à celui d’adultes, ils représentent une biomasse importante et le rôle trophique qu’ils assurent est essentiel au maintien de nombreuses espèces nocturnes, à commencer par les chauve-souris et certains oiseaux. A l’inverse des 176 espèces de papillons de jour de l’Aude, assez bien connus, étudiés et pris en compte dans la plupart des études naturalistes, les 3 à 4000 (!!) espèces locales de papillons de nuits sont très mal connues et largement sous-prospectées.

Grand Paon de Nuit (Saturnia pyri)

Europe – France
LPO de l’Aude : Projet “Hirondelles” (2020)

Après avoir fait le triste constat de la complète disparition des hirondelles dans certaines villes de l’Aude, la Ligue de Protection des Oiseaux de l’Aude initie un projet de protection des populations de cet oiseau familier.

Une des causes du déclin est la destruction des nids lors des travaux de réfection de façade ou de rénovation des bâtiments. La LPO de l’Aude lance donc une campagne de suivi des populations d’hirondelles et de sensibilisation des propriétaires des bâtiments occupés par ces oiseaux dans les agglomérations du département (Carcassonne, Narbonne, Montredon …).

Une somme de 5 000 euros est attribuée à la LPO de l’Aude pour le lancement du projet « hirondelles ».

Hirondelle de fenêtre – M. Fernandez

Europe – France
Fédération Aude Claire : Sensibilisation à la biodiversité ordinaire (2020)

Les petites communes rurales sont souvent des refuges riches en biodiversité ordinaire : petits jardins, murets, points d’eau, haies, talus … abritent une foule de plantes et d’animaux.

Malheureusement certaines pratiques modernes de gestion des espaces verts, qu’ils soient publics ou privés, ont des conséquences néfastes sur la faune et sur la flore.

Quelques aménagements et un peu de pédagogie auprès des propriétaires ou des agents communaux permettraient de retrouver ou d’assurer la pérennité de cette abondance de vie.

C’est la raison pour laquelle la Fédération Aude Claire, basée à Limoux, se propose d’accompagner 7 communes de la haute vallée de l’Aude dans la mise en place de pratiques vertueuses pour la biodiversité : mise en place de nichoirs et de gîtes pour les oiseaux, les insectes, les reptiles et les chauve-souris, création ou préservation de prairies fleuries, fauche tardive des bords de route, actions de sensibilisation et de valorisation auprès des habitants par le biais de visites guidées, de conférences et de supports pédagogiques. L’accompagnement des communes se fera par l’établissement d’une convention avec les élus locaux.

Pour cette action de sensibilisation à la biodiversité ordinaire, une somme de 15 000 euros est attribuée à la Fédération Aude Claire.

Lézard catalan- B.Leroux

Europe – France
Groupe Chiroptères du Languedoc Roussillon : Plan d’action “Grande Noctule” (2020)

Malgré la densité de notre maillage naturaliste et scientifique, il reste encore en France des espèces dont on ne connait pratiquement rien. C’est le cas de la Grande Noctule, notre plus grande chauve-souris, la seule qui soit carnivore à certaines périodes de l’année : elle est en effet réputée pour capturer des petits oiseaux à haute altitude lors des migrations printanières et automnales !

C’est une espèce présente dans la moitié sud de la France dont on ne sait presque rien sur la répartition, le statut, les tendances, la phénologie, la sensibilité aux parcs éoliens ou à la gestion forestière. Elle est en effet dépendante des vieilles forêts peuplées d’arbres sénescents et creux dans lesquels elle s’abrite en journée.

Elle est classée comme Quasi-Menacée par l’UICN mais son statut français n’a pu être établi faute de connaissances. Il est donc impossible de mettre en place des mesures de protection tant que l’on n’en sait pas plus sur sa biologie !

Un plan régional d’action a donc été lancé pour la période 2019-2021 sur l’ensemble du Massif Central. Le Groupe Chiroptères Languedoc-Roussillon s’est engagé à participer à ce programme sur son territoire : Montagne noire, Haut-Languedoc, Causses et gorges de l’Hérault.

Les objectifs de ce plan d’action sont d’identifier les aires de répartition, d’évaluer les enjeux de sensibilité et de communiquer sur les actions à entreprendre pour la conservation de la Grande Noctule.

Pour permettre au Groupe Chiroptères Languedoc Roussillon de démarrer ce programme ambitieux, une somme de 25 000 euros leur est attribuée.

Grande Noctule – L.Arthur

Europe – Espagne
Junta de Andalucia : Réintroduction de l’Ibis chauve (Geronticus Eremita) sur le littoral Andalou (2018)

Avec sa calvitie précoce et son plumage sombre l’Ibis chauve (Geronticus eremita) n’est sans doute pas le plus bel oiseau de la terre. Mais avec une population sauvage de 116 couples (en 2015) c’est certainement l’un des plus rares ! C’est la raison pour laquelle l’Espagne et les parcs animaliers européens se mobilisent pour sauver cette espèce de l’extinction.

L’Ibis chauve vivait autrefois sur tout le pourtour méditerranéen. Cet échassier insectivore des steppes arides nichait en petites colonies installées dans les falaises littorales ou dans les vallées encaissées. Ces colonies ont disparu les unes après les autres et il n’en reste aujourd’hui plus que 4, toutes installées sur la côte atlantique marocaine. Les raisons du déclin de l’Ibis chauve sont multiples, avec en tête la conversion de pâturages extensifs en cultures céréalières ou maraîchères, l’utilisation intensive de pesticides par l’agriculture conventionnelle, l’urbanisation des sites de nidification et enfin le braconnage sur les zones d’hivernage ou le trajet migratoire.

En captivité par contre cette espèce se porte bien puisqu’on estime qu’il y en a plus de 1200 dans les volières des différents parcs animaliers européens. Il était donc naturel que des actions de réintroduction voient le jour et c’est dans ce contexte qu’est né le Proyecto Eremita !

Proyecto Eremita

Le zoo de Jerez de la Frontera, avec l’appui du gouvernement espagnol et d’un comité européen d’experts, a développé un programme de réintroduction de l’Ibis chauve dans le comté de la Janda, dans l’extrême sud de l’Espagne. Il y avait disparu depuis plus de 400 ans ! Les sites retenus pour le projet répondent aux besoins physiologiques de cet oiseau et sont semblables aux biotopes retrouvés sur le littoral atlantique marocain, où vivent les derniers Ibis chauves sauvages. Bien que ces sites soient relativement préservés des menaces et des risques habituels que rencontrent l’espèce, en particulier le braconnage, les oiseaux relâchés restent malgré tout sous la surveillance constante d’une équipe espagnole. De très nombreuses actions de sensibilisation auprès des populations locales ont été menées avant de procéder aux lâchers d’oiseaux nés en captivité et le projet a été adopté avec enthousiasme par les andalous. Aujourd’hui l’Andalousie héberge une centaine d’Ibis chauves, la plupart issus de réintroduction mais déjà certains sont nés en milieu naturel ! Les lâchers d’ibis nés en captivité ont lieu en janvier, après quelques mois passés en volière d’acclimatation. Ils prendront fin en Andalousie dès que les effectifs de l’espèce y seront stables ou en augmentation. D’autres projets de réintroduction sont en cours ou à l’étude, notamment en Autriche, en Italie et en Algérie.

La Réserve Africaine de Sigean a fourni 15 Ibis chauves à ce projet en 2017 et financé l’achat de 8 balises GPS/GSM qui permettent de suivre les déplacements des oiseaux relâchés afin de mieux identifier les habitats qu’ils fréquentent.

Plus d’infos : http://www.juntadeandalucia.es/medioambiente/site/portalweb/menuitem.7e1cf46ddf59bb227a9ebe205510e1ca/?vgnextoid=a27236ae9bc24010VgnVCM1000000624e50aRCRD&vgnextchannel=28416a33390f4310VgnVCM1000001325e50aRCRD&lr=lang_es

Ibis chauve – L.Arthur